Boire la nuit
Heure de délivrance,
La nuit va s’allumer,
Reste encore l’attendre à mes côtés.
Elle hésite, avance,
Mais des toits du quartier
Elle viendra glisser, là, sous nos pieds,
Ses voiles tendues, mauves, assoiffées d’ailleurs,
Puisse-t-elle nous faire passer un cap intérieur…
La rue est déserte
Mais sous le ciel en feu
Ne s’étire qu’un instant pour nous deux.
La ville est offerte,
Je veux ressusciter
Ou mourir dans un dernier baiser.
Pourquoi tous les soirs la chambre est-elle un port ?
Pourquoi dois-je prendre la mer quand tu dors
La nuit fraîche et tendre
Est une peau de femme,
Pour les marins perdus un sésame.
Et je marche et tangue
De ruelles en boul’vards,
A travers des palais de mémoire.
J’espère tous les jours la nuit comme la vie,
Que s’ouvrent enfin les portes vers l’infini…
Fiévreuse et rebelle
Oh putain qu’elle est belle !
Ses étoiles vous giclent sous la dent.
Les bourgeois s’éteignent
Alors que tout s’éveille,
Qu’apparaissent nos îles sous le vent.
Je viens frère avec toi en croquer les fruits,
J’ai tell’ment besoin de la main d’un ami
REFRAIN :
Pour aller boire la nuit
Aller boire la nuit.
Pour aller boire la nuit
Aller boire la nuit.
Comme un bateau ivre et mât cloué au ciel,
Enfin boire,
Boire la nuit belle…
Un jour viendra où toi et moi
On aura la terre promise à portée mais pour ça,
Promets-moi, malgré ma désespérance et la tienne
De rester le même.
Tiens le quart encore au firmament.
Ne me laisse pas j’ai besoin de temps,
De toi…
Les voiles affalées,
On a tourné en rond,
Mais nos cales sont pleines et c’est bon.
J’envoie des baisers
Sur ton coeur et ton front,
Ami dors, nous y retournerons…
Dehors plus de clameur, plus d’île au trésor,
Toutes les cathédrales de nos rêves rentrent au port.
Nos chants inutiles,
Nos « je t’aime » imbéciles,
Tout parait, plus rien n’est désormais.
Mais ferme les yeux
Quand le jour est odieux,
Reste en toi-même et ne mens jamais.
Et reviens-moi, tendu, habillé de haubans,
Quand les vents du soir soufflent vers l’océan
REFRAIN
Fabrice Beauvoir