La grille

Capturer ses yeux, là, quand elle danse.
Rue, cigarette et confidences.
Grave et légère, ni peu ni trop,
Les justes mots.
Un verre en salle et un peu plus tard,

Un slow comme un train qui démarre,
La tempe et l’oreille puis le cou,
L’odeur le goût…
L’écho des talons, l’escalier,
La tequila,
Elle a le même grain de beauté,
Le même que toi…

Le soleil à travers les persiennes,
Mes fringues éparpillées les siennes,
Et puis assis au bord du lit
Tes grands yeux gris.
Quand nous chevauchions face au levant,
Tes cheveux dansants dans le vent,
Libres et perdus, là, tous les deux,
Le ciel en feu…
Mais dieu les deux mains sur le piège
Donne et reprend,
Dans un souffle « et au petit déj’,
Qu’est-ce que tu prends ?»

Un grain de beauté, des chevilles,
Les mains, les mots, des yeux plus grands,
S’élancer encore, mais la grille…
Le code a changé simplement
Je t’ai dans la peau dans le sang.
Les feuilles se ramassent à la pelle,
« J’ai ton numéro, je t’appelle… »

Fabrice Beauvoir