Le pacte
Dans cet empire
Du bien et du mal,
Où s’enfuir
Est immoral
Et le pire
Banal,
Où courir
Est moins fatal
Que subir
Les supplices de Tantale,
Qu’est-ce qui nous fait tenir
Le siège aux armées d’Hannibal ?
Qu’est-ce qui nous fait sortir
Encore plus forts de ces dédales ?
Dans les soupirs
Longs de l’ordinaire
À finir
Sous la poussière
Le désir
S’enterre,
Dans cet ir-
Réel enfer
Où tenir
Est la seule gloire de guerre,
Qu’est-ce qui nous fait jaillir
Encore de la cale des galères ?
Qu’est-ce qui nous fait choisir
Vivants, le vent et la lumière ?
REFRAIN :
C’est pas la guitare que j’attrape
Ni la caisse claire de la batterie qui tape.
C’est pas les fréquences de la basse
Dans ton ventre qui passent.
C’est pas ce foutu pied qui frappe / C’est pas l’envolée du piano
Sur cette terre où tant de coeurs se battent, / Autour de nos rires et de nos sanglots,
Mais de signer reconnaissant
Un vieux pacte de sang.
Quand tout est pâle
Ici morne et fade,
Que s’étalent
Les mascarades
Sur de sales
Estrades,
Quand le bal
Stoppe les aubades,
Que la salle
Évacue les salades,
Qu’est-ce qui remet l’Iliade
Alors au centre de la toile ?
Et en notre ambassade
Quelle est la pierre philosophale ?
Fabrice Beauvoir